Casabianca – Le Seul Sous-Marin Français Qui A Échappé Au Sabordage De Toulon

27 novembre 1942, 5h25 du matin, rade de Toulon. Soixante-dix-sept navires français s'enfoncent volontairement sous les eaux, sabordés par leurs propres équipages pour échapper à la capture allemande. Un seul sous-marin choisit de plonger vers l'avant plutôt que vers le fond. Le Casabianca, sous les ordres de Jean L'Herminier, désobéit à l'ordre de sabordage général. Il navigue en plongée à travers un port miné, encombré d'épaves en flammes, sous le nez des patrouilles allemandes déjà présentes sur les quais — et rejoint Alger, désormais aux mains des Alliés depuis le débarquement de l'opération Torch. Ce n'était que le début. Tout au long de l'année 1943, le Casabianca effectue des traversées clandestines entre l'Algérie et les côtes corses, débarquant dans le plus grand secret des agents, des armes et du matériel radio pour la Résistance corse. Une seule patrouille ennemie mal anticipée aurait suffi à anéantir le sous-marin et le réseau entier qu'il ravitaillait. Le neuf septembre 1943, immédiatement après l'armistice italien, la Résistance corse déclenche un soulèvement préparé en grande partie grâce au travail clandestin du Casabianca. Le quatre octobre, la Corse devient le premier département français libéré sans débarquement de troupes alliées régulières sur son sol. Voici l'histoire complète du seul sous-marin à avoir refusé le sabordage de Toulon — et qui a directement rendu possible la libération du premier territoire français repris par les Français eux-mêmes.