poetic shifts | Saturée
Saturée | poetic.shifts Saturée est une chanson née d’un trop-plein qui dure depuis déjà trop longtemps... Le morceau parle d’un petit espace devenu trop lourd à habiter : une pièce où l’on dort, mange, travaille, encaisse, reçoit, sourit, fait semblant. Autour, la ville cogne : les voitures, les travaux, la poussière, les voisins, la chaleur qui s’installe et qui ne laisse plus de répit. Et au milieu de tout ça, il y a cette question qui revient comme une urgence : où aller habiter pour respirer ENFIN ? Saturée parle aussi de solitude. Pas forcément une solitude totale, mais cette solitude étrange où les autres ne sont pas loin, sans être vraiment là. Les phrases existent, les conseils existent, les “courage” existent, mais parfois il faut autre chose : une aide concrète, une main, une présence qui reste. Il y a dans cette chanson la fatigue de devoir encore expliquer qu’on est à bout, la peur de ne pas y arriver seule, la douleur de voir sa fille s’éloigner, sa mère perdre le fil, ses liens se fragiliser. Mais il y a aussi une lumière fragile : quelqu’un qui reste là. Pas pour tout réparer. Pas pour sauver comme dans les films. Juste pour ne pas partir. Saturée n’est pas une chanson sur la faiblesse. C’est une chanson sur la limite. Sur ce moment où le corps, le cœur et la tête disent : assez. J’ai besoin d’air. J’ai besoin d’espace. ⸻ Paroles : Couplet d'ouverture Tu vois… chez moi, c’est cette pièce-là. J’dors là. J’mange là. J’bosse là. J’fais semblant d’aller bien là. Quand quelqu’un vient, j’souris, j’fais genre c’est ok ! Mais en vrai, c’est plus possible !!! Couplet 1 La ville m’plaque aux murs comme si j’avais plus d’sortie le bruit rentre sans frapper et reste planté dans ma vie Le voisin m’prend la tête les voitures empoisonnent l’air les travaux bouffent ma paix la gravière CRACHE sa poussière Ça tape, ça perce, ça scie ça recommence, ça recommence y a même plus d’silence juste des pauses qui font semblant J’vis dans un endroit trop petit pour mes nerfs trop chaud pour mon corps plus assez grand pour mes colères Refrain Je ne sais plus où respirer la journée me serre la gorge la nuit me rend un peu d’air mais le matin me le reprend Je ne sais plus où aller j’tiens debout par réflexe j’réponds “ça va, t’inquiète” mais en vrai, j’suis à bout Couplet 2 La chaleur ne passe plus elle s’installe, elle s’incruste elle colle aux draps, à ma figure elle me suit comme une sangsue On m’dit “ça va aller” mais ça va aller où ? Y a pas d’balcon magique, pas d’forêt dans mon salon. J’cherche un endroit mais les loyers sont délirants respirer coûte TROP CHER maintenant La crise a posé des verrous un peu partout et moi j’tourne en boucle dans ma pièce, dans ma tête Pre-refrain J’fais comment quand l’air devient lourd ? J’fais comment quand mon corps dit stop ? J’fais comment quand dehors m’fait peur et quand dedans j’étouffe ? Refrain Je ne sais plus où respirer la journée me mange vivante la nuit me sauve à moitié mais ça ne suffit plus ! Je ne suis pas faible j’suis SATURÉE y a une limite à encaisser et moi je l’ai dépassée ! Slam Et puis y a les phrases, les phrases qui font bien. Celles qu’on dit de loin pour ne pas tendre la main : “Prie…”, “Sois patiente”, “Fais confiance”, “Dieu est avec toi.” Mais moi, là, j’ai besoin qu’une porte s’ouvre VRAIMENT ! Pas dans une image, pas dans une citation. J’ai besoin d’aide. Pas demain, là, MAINTENANT ! Parce que prier dans une pièce qui déborde, avec le bruit qui tape, avec ma fille qui s’éloigne, avec ma mère qui s’efface, avec les autres pas loin, mais plus vraiment là, désolée,ça m’tue. J’veux pas qu’on m’dise que si j’coule, c’est que je n’ai pas assez cru ! Couplet 3 Ma fille a seize ans et j’la sens partir pas d’un coup non ! c’est pire ! C’est petit à petit un mot de moins des regards qui s’perdent et encore une porte qui se ferme ! Son père regarde de loin pendant que moi j’me ramasse et ma mère perd le fil des noms, des jours, des bouts de nous J’la vois devenir floue y a pas moyen d’mettre sur pause chaque jour elle s’éloigne toujours un peu plus… Couplet 4 Mes amis disparaissent ou me rangent dans l’trop compliqué Mais j’suis dans une vraie crise pas dans une mauvaise humeur c’est un truc qui dure qui use qui revient et qui revient Pont J’en peux plus de jouer la femme forte quand j’suis fissurée de partout J’en peux plus de dire “ça va” avec la gorge pleine de PANIQUE ! J’vais pas y arriver seule j’ai plus assez d’force J’veux vivre pas juste survivre J’ai besoin d’air J’ai besoin d’espace pas de jolies phrases Refrain final Heureusement toi t’es toujours là quand les autres s’éloignent toi, tu restes là Heureusement toi t’es toujours là même quand j’ai plus les mots t’es toujours là ! Outro J’demande pas une vie parfaite. J’demande juste un espace et un peu d’air. Et toi, reste encore un peu là.

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