Quand les mots prennent soin des maux

J’ai grandi dans un désert rempli de dictionnaires, Les poches pleines de silences, les yeux dans la poussière. Chaque mot ramassé brillait comme une étoile, Pour recoudre les blessures cachées sous le voile. Les maux marchaient derrière moi, lourds comme des chaînes, Ils gravaient sur mes murs des refrains de peine. Alors j’ai pris une plume comme on saisit une rame, Pour traverser la nuit sans abandonner mon âme. On dit que les mots sont légers, simples courants d’air, Mais j’ai vu des phrases soulever des univers. J’ai vu un « reste » sauver quelqu’un du vide, Et un seul « pars » transformer un cœur solide. J'ai vu des cœurs fatigués marcher sous la pluie, Des regards naufragés chercher un peu de nuit. Des blessures invisibles gravées sous la peau, Des silences plus lourds que des montagnes d'échos. On porte tous des valises remplies de souvenirs, Des regrets qui s'accrochent et refusent de partir. Mais parfois une phrase traverse le brouillard, Comme une lampe allumée dans le fond d'un regard. Les mots soignent les maux, parfois les font naître, Clés de toutes les prisons, fenêtres sur l’être. Je jongle avec leurs ombres, leurs éclats, leurs échos, Car les maux parlent en silence, les mots parlent trop. Les mots soignent les maux, parfois les font saigner, Comme des roses de papier dans un poing refermé. Je cherche la vérité dans ce drôle de tableau : Les maux cachés dans les hommes, les hommes cachés dans les mots. J’écris pour les absents, les visages effacés, Les souvenirs qui s’accrochent aux plafonds fissurés. Pour ceux qui portent un orage derrière le sourire, Et qui font semblant d’aller bien pour ne pas inquiéter l’avenir. Chaque vers est une lampe au fond d’un souterrain, Une poignée de lumière dans les lignes de la main. Je transforme mes cicatrices en alphabet vivant, Comme un vieux livre usé qui résiste au temps. Les maux veulent des trônes, des couronnes de colère, Les mots veulent des ponts au-dessus des frontières. Alors je bâtis des phrases avec des pierres d’émotion, Pour que les cœurs exilés retrouvent une direction. J'écris pour ceux qui tombent sans faire de bruit, Ceux qui sourient le jour mais s'effondrent la nuit. Pour les âmes en hiver, les rêveurs oubliés, Les guerriers du quotidien qui continuent d'avancer. Chaque syllabe peut devenir une passerelle, Relier deux horizons quand la vie nous appelle. Car les mots sont des pinceaux sur la toile des douleurs, Ils dessinent des printemps au milieu des malheurs. Quand le doute fait danser les ombres dans nos yeux, Une parole sincère peut nous montrer les cieux. Les mots soignent les maux, parfois les font naître, Clés de toutes les prisons, fenêtres sur l’être. Je jongle avec leurs ombres, leurs éclats, leurs échos, Car les maux parlent en silence, les mots parlent trop. Les mots soignent les maux, parfois les font saigner, Comme des roses de papier dans un poing refermé. Je cherche la vérité dans ce drôle de tableau : Les maux cachés dans les hommes, les hommes cachés dans les mots. Pas besoin d'or, pas besoin de couronne, Une phrase peut sauver quand le monde abandonne. Les cicatrices parlent quand la bouche se tait, Alors j'aligne des vers pour apprendre à réparer. Si la haine est un poison qui s'infiltre dans les veines, L'amour dans les paroles est une pluie qui l'entraîne. Chaque mot bien choisi devient un acte de foi, Une main tendue vers toi, une lumière dans le froid. Alors parlons avec le cœur, avant que tout s'efface, La tendresse a parfois le pouvoir d'une audace. Car derrière chaque mal se cache un espoir nouveau, Quand les mots prennent soin des maux.