Jacques Cassard : le corsaire oublié du roi Louis XIV | histoire vraie en audio

Itinéraire Paris - Nantes (PNA) Nantes "Mon nom est Jacques Cassard, corsaire du roi. Enfermé depuis 3 ans au fort de Ham, on me dit fou parce que je ne sors presque jamais". Découvrez la vie pleine d'aventures d'un véritable corsaire sous le règne du roi Louis XIV (1638-1715). Vous avez bien écouté cette histoire? Alors répondez à ces deux questions. Pour quelle destination partit Jacques Cassard lors de son premier grand voyage? A. Carthagène des Indes, en Colombie espagnole B. Valparaiso au Chili C. L'île de Noirmoutier Comment s'appelle la corvette confiée par l'armateur à Cassard? A. Le Saint-Antoine B. Le Saint-Guillaume C. Le Saint-Marcellin Vous avez aimé cette histoire? Alors mettez-lui un pouce bleu. Merci! Le saviez-vous? On confond souvent corsaires et pirates, alors que la frontière entre les deux est précisément celle qui sépare la légalité de la hors-la-loi. Le pirate est un brigand des mers, qui agit pour son propre compte, sans foi ni loi, attaquant indifféremment tous les pavillons. Le corsaire, lui, est un marin mandaté par son souverain. Armé en guerre par une « lettre de marque » — document officiel délivré par la Couronne — il est autorisé à capturer les navires ennemis et à en partager le butin avec l'État. En temps de paix, il redevient simple marin ou armateur. Cette nuance est capitale : fait prisonnier, le corsaire est théoriquement traité comme un prisonnier de guerre ; le pirate, lui, finit au bout d'une corde. La grande époque de la course s'étend du XVIe au XVIIIe siècle, portée par les guerres incessantes entre puissances européennes. L'Angleterre, la France, l'Espagne et les Provinces-Unies (les actuels Pays-Bas) s'affrontent sur mer autant que sur terre, et la course devient un instrument de guerre économique redoutablement efficace — moins coûteux qu'une flotte royale, et souvent plus agile. Du côté anglais, Francis Drake est la figure la plus connue. Anobli par Élisabeth Ière après avoir mis à sac les ports espagnols d'Amérique et réalisé le deuxième tour du monde de l'histoire, il incarne ce corsaire à la frontière du pirate que la Couronne couvre de gloire quand cela l'arrange. Henry Morgan, au siècle suivant, dépasse encore cette ambiguïté : ses raids dévastateurs sur Portobelo et Panama, menés avec une brutalité sans égale, lui valent pourtant le titre de lieutenant-gouverneur de la Jamaïque. La France, elle, a fait de Saint-Malo sa capitale de la course. C'est là que naît et opère René Duguay-Trouin, fils d'armateur devenu officier de la Marine royale, qui capture plus de trois cents navires marchands et seize vaisseaux de guerre au cours de sa carrière. C'est là aussi que grandit Robert Surcouf, le dernier grand corsaire, actif pendant les guerres révolutionnaires et napoléoniennes, dont la capture du Kent en 1800 — un vaisseau de la Compagnie des Indes orientales — reste l'un des exploits les plus célèbres de la course française. Jacques Cassard, né à Nantes en 1679, appartient à cette même constellation, mais son destin fut plus douloureux. Corsaire et officier de la Marine royale, il se distingue d'abord brillamment en protégeant Marseille d'une attaque anglo-hollandaise en 1707. Puis, à partir de 1711, il mène une série de raids foudroyants dans les Antilles, au Cap-Vert, en Guinée et au Surinam, rançonnant les colonies portugaises, hollandaises et anglaises avec une efficacité remarquable. On estime qu'il rapporte à la France l'équivalent de plusieurs dizaines de millions de livres de butin. Pourtant, Cassard finit trahi par ceux qu'il avait servis. Mal remboursé de ses avances, ignoré par la Cour, il harcèle Versailles de réclamations jusqu'à l'obsession. On l'enferme au château de Ham en 1730, où il mourra dix ans plus tard, sans jamais avoir obtenu réparation. Son histoire dit quelque chose d'essentiel sur la condition du corsaire : homme d'État quand cela convenait au roi, homme encombrant dès que la paix rendait inutiles ses services. Entre le pirate qui vole pour lui-même et le corsaire qui conquiert pour la gloire d'un souverain ingrat, la mer, elle, ne faisait pas la différence. Concept et direction éditoriale de l’œuvre collective : Alfred Violey Textes : Alfred Violey, avec : Elisabeth Bresson, Pauline Piettre, Anne-Florence Andrieux, Antoine Blachez, Delphine Gravier, Florent Lamontagne, Paul Lefevre. Producteur délégué : Studio Lincoln Direction artistique : Hubert Drac Réalisation : Olivier Delevingne et Hubert Drac Musique originale et design sonore : Olivier Delevingne Remerciements à Henry Angleys Avec les voix de : Frédérique Bonnal, Adeline Moreau, Annie Sinigalia, Marc Alfos, Bernard Bollet, Christian Bujeau, Vincent de Bouard, Coco Noël, Olivier Delevingne, Sébastien Desjours, Hubert Drac, Vincent Heden, Pierre-Arnaud Juin, Nelly Mella, René Morard, Jérémy Prévost, Alain Flick, Paul Lefevre, Hugo Violaine, Géraud Violaine.