Terminus Auschwitz. Les chemins de fer européens et la Shoah. La SNCF et les Nederlandse Spoorwegen.

(Et la société nationale des chemins de fer slovaques). Un film de Wolfgang Schoen et Frank Gutermuth, Allemagne, 2008, 2 x 53 min. Il manque le début du film. Si la déportation des juifs originaires de nombreux pays européens fut coordonnée par Adolf Eichmann en coopération avec la compagnie ferroviaire allemande, la Deutsche Reichsbahn, l’intervention d’autres entreprises de chemins de fer fut nécessaire pour organiser le transport. En France, aux Pays-Bas, en Slovaquie, ces sociétés nationales ont géré les horaires et les plans de circulation des trains de la mort, et mis des wagons à bestiaux, des locomotives, du charbon et du personnel à la disposition des nazis. Des survivants des camps d’extermination ou leurs enfants se sont efforcés depuis longtemps de dénoncer ces formes de collaboration. En France la convention d'armistice place le matériel et les voies de la SNCF sous la responsabilité de l'Etat français, Jean Berthelot, nommé secrétaire d'Etat aux transports et aux communications dans le gouvernement de Vichy en septembre 1940, et Pierre Fournier, directeur de la SNCF, s'appliquent à collaborer avec zèle. Alors qu’après la Libération, la compagnie française a surtout voulu mettre en avant le rôle héroïque de nombre de ses agents dans la Résistance, le tribunal administratif de Toulouse concluait en juin 2006 à une coresponsabilité de la SNCF et de l’État français dans la déportation des juifs. Si l’État a accepté le verdict, la SNCF a décidé de faire appel : la cour administrative d’appel de Bordeaux a depuis infirmé le jugement en retenant l’incompétence de la juridiction administrative. Aux Pays-Bas, les Nederlandsche Spoorwegen sont restés muets après la guerre sur ce chapitre de leur collaboration avec l’occupant. Mais ils se considèrent maintenant comme blanchis, depuis qu’ils ont officiellement présenté des excuses à la communauté juive en 2005. En Slovaquie, enfin, le travail de mémoire et d’investigation ne fait que commencer… Ce documentaire en deux parties fait appel à des témoignages d’anciens déportés ainsi qu’à des historiens pour lesquels la mise en cause des compagnies ferroviaires impliquées est justifiée. For a version with English subtitles go to:    • Timetables to Death. Europe's Railways and...