PARTIR OU RESTER !? by Eric MEDEDA

PARTIR OU RESTER !? Happening déambulatoire by Eric MEDEDA Curateb by Steven Bigor Coffi _ Tordre le corps, tordre le cou Partir est une entreprise faite de toilettes, de bagages, de souvenirs, de corps qui se tord, de cou qui se tord... Ouidah, point de rencontres des mémoires survivantes nées dans les affres d'une traversée douloureuse, accueille un corps cherchant son épiphanie. Un corps qui est en corps, porte des bagages, sort des toilettes, regarde autour de lui, semble gribouiller quelque chose sur un bout de tissu, regarde derrière, commence un exercice de réflexion, fait sa valise, la défait, la refait… Et derrière ce moment, le doute s'installe, parasite, vorace, il cloue le temps, fige le geste inopportun d'un Dédale non bâtisseur. Et le doute persiste. Il travaille ce que ce corps réécrit : Urgence ! Partir ! Ce voyageur écrit ces mots devant les monuments aux dévoués… Ce qui ne veut point mourir revient en constance. Le regard vers derrière, il range ses feuilles, réécrit encore pour les intertemporels du spectacle bouché béant, observant les pas d'un corps en parfaite déambulation. Il se vêt de nouvelles toilettes, range ses affaires, range ses affaires, comme si par ce geste l'outil de l'instant n'était que farce. Ranger est important. Il faut ranger pour se ranger. Il faut ranger pour partir. Ne pas traîner ici. Partir !!! Se vêtir pour paraître. Se vêtir pour partir. Oui !!! Insister ! Exister ! Réfléchir ! Ce corps reprend la route. Marche. Revient sur ses pas. Semble avoir oublié quelque chose. Regarde derrière. S'arrête. Marche. La curiosité du derrière est récurrente. Qu'ai-je laissé ? Qu'ai-je oublié ? Il reprend sa marche, s'arrête, regarde derrière, écrit des mots sur des feuilles, observe, réécrit devant un spectateur habillé dans une tenue rouge vermillon. L'urgence de partir, mais la mélancolie se complaît dans l'existence même. Il se déshabille, range ses affaires, s'arrête, et puis reprend sa marche. Et puis, il part, sans regarder derrière, laissant ses bagages, et des mots écrits sur des feuilles blanches. Steven Coffi Adjaï