L'ART NEGRE : L'EUROPE N'A PAS LE MONOPOLE DU BEAU ET DU BIEN - JEAN-LUC AKA EVY.

Malgré le pillage massif des objets d’art africains, comparable à un véritable braquage, l’Occident a eu l’outrecuidance de créer la notion d’« art primitif », reléguant ainsi l’art nègre dans un ghetto conceptuel. Et pourtant, cet art contribue largement au rayonnement de l’Europe à travers ses musées. Le philosophe Jean-Luc Aka Evy, grâce à ses recherches et réflexions, a produit un ouvrage pour déconstruire cette incohérence, tout en adressant un message à la fois aux Européens et aux Africains. Dans son livre intitulé « Le Pinceau de Picasso », le philosophe, écrivain et ambassadeur du Congo au Sénégal, explore la question du bien et du beau, abordant plus largement le concept d’esthétique. Cet ouvrage invite l’Occident à réviser les cadres de pensée qu’il a imposés à travers un prisme eurocentré, marqué par une volonté manifeste d’inférioriser l’art nègre et de le confiner au bas de l’échelle artistique. « Le Pinceau de Picasso » s’adresse également aux artistes et intellectuels africains, les exhortant à définir leur propre grammaire et vocabulaire du bien et du beau. Il s’agit de refuser que l’altérité, en particulier l’Europe, impose sa vision de l’esthétique. Car, en vérité, l’esthétique demeure universelle, quels que soient les angles d’appréciation. L’ouvrage a été présenté le 7 décembre dernier , a l’ancien palais de justice de Dakar, le jour de clôture de la 15e édition de la Biennale de Dakar. Jean-Luc Aka Evy était entouré de l’économiste et écrivain Felwine Sarr, ainsi que de la professeure de philosophie Ramatoulaye Diagne Mbengue, en présence de nombreux invités.