🇳🇨🇫🇷🦈 L'ADN comme alternative aux campagnes d'abattage de requins - 4/05/2026

🇳🇨🇫🇷🦈 L'ADN comme alternative aux campagnes d'abattage de requins Le 15 avril dernier, une nouvelle attaque de requin près des côtes de Nouméa faisait un blessé grave et bouleversait l’opinion publique. Une nouvelle campagne de prélèvement était alors à nouveau lancée par les pouvoirs publics. Des scientifiques n’hésitent pas à évoquer des solutions alternatives. Le 16 avril 2026, le vétérinaire Guy Kane s'active autour des restes du va'a de Lywaï Manate, le président de club attaqué la veille en baie de Sainte-Marie. "On voit les dents du requin à plusieurs endroits, et il y a la même chose de l'autre côté, donc il a vraiment pris le flotteur dans ses mâchoires et il a explosé." La pirogue polynésienne a été mordue par un squale et s'est retournée, entraînant la chute du rameur dans l'eau. La victime, hospitalisée après avoir été gravement blessée par le requin, n’a pas pu identifier l’espèce qui l’a attaqué. Les prélèvements ADN effectués sur la pirogue devraient apporter de nouveaux éléments. À l’aide d'un coton-tige, Guy Kane "essaie d'avoir un peu de mucus du #requin. Dans le mucus on aura son ADN, et on pourra identifier l'individu qui a mordu. Je fais 3️⃣ prélèvements qui seront envoyés au laboratoire de Perpignan." ▶"Peu de requins passent à l'acte" À l’image des prélèvements biologiques effectués par la police scientifique, ces échantillons doivent permettre d’établir le profil génétique de l'animal. Une méthode utilisée par le chercheur Eric Clua, qui travaille sur le sujet depuis de nombreuses années. "L'homme n'est pas une proie naturelle du requin. Le requin a, par défaut, peur de l'homme et heureusement, sinon il y aurait des morsures tous les jours. Il faut tout un faisceau de circonstances pour qu'il passe à l'acte. Donc il y a finalement très peu de requins qui passent à l'acte." Eric Clua, vétérinaire et chercheur spécialisé dans le comportement des requins : « Une fois qu'un requin passe à l'acte, il aura tendance à récidiver, et c'est ce que l'on veut empêcher » Selon Eric Clua, le comportement des #requins n’est pas homogène. Une minorité d’entre eux attaquerait volontairement les êtres humains. "Dans la Caraïbe, en décembre 2020, un requin tigre a tué une nageuse française. On a réussi à faire des prélèvements sur la victime et l'animal a récidivé - puisqu'on sait aujourd'hui que c'est le même grâce à la génétique, 1️⃣ mois plus tard à 8️⃣5️⃣ kilomètres de là, aux abords de l'île de Saint-Kitts. Actuellement il y a un projet qui s'appelle One shark, qui très concrètement cherche à éliminer ce requin-tigre, tout en laissant les autres vivre." ▶Base de données génétique Le directeur de recherche au Criobe, le Centre de recherches insulaires et Observatoire de l'environnement qui possède une antenne à Moorea, en Polynésie française, ne soutient pas les campagnes de prélèvements de requins non sélectives, mais défend une pêche responsable. "On pêche les requins comme on les pêche d'habitude, mais au lieu de les tuer, on prélève l'ADN pour avoir leur profil individuel" et on les marque pour les reconnaître. "Une fois qu'il y a des morsures, on compare l'ADN du requin mordeur avec cette base de référence, et on arrive à identifier le requin qui doit être neutralisé pour éviter la récidive." Cette approche scientifique pourrait apporter un nouveau regard sur la gestion du #RisqueRequin en Nouvelle-Calédonie. Elle pourrait donc intéresser la Province Sud ainsi que la mairie de Nouméa. ➡📺 Extrait du journal LE19H30 de NOUVELLE CALÉDONIE 1ère du 4/05/2026