La Syrie se révolte

Conférence publique de l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM), par Laura Ruiz de Elvira (IRD, Ceped, ISSHT, Tunisie), Sarah Alhamed (EHESS, CéSor) et Yahia Hakoum (EHESS, CéSor). Après avoir évoqué les principaux facteurs structurels ou plus ponctuels de la révolte syrienne, L. Ruiz de Elvira, S. Alhamed et Y. Hakoum exposent les différentes mobilisations citoyennes durant la guerre. Dans le cadre du soulèvement syrien, dès 2011, des conseils locaux de coordination se mettent en place pour organiser les manifestations pacifiques, documenter et rendre compte au reste du monde du sort réservé aux manifestants. La réponse violente du régime de Bachar Al-Assad face à ce mouvement pacifique pousse certains civils à prendre les armes pour défendre leurs communautés ; d’autres cependant choisirent des formes de résistance non armée, malgré les risques qu’ils encouraient. Avec l'intensification du conflit, de nombreux révolutionnaires s'investissent dans l'humanitaire jusqu'à en faire une activité professionnelle rémunérée depuis les zones libérées ou depuis l'étranger. Dans les zones contrôlées par le régime, l'engagement civil persiste, clandestinement, via des actions humanitaires risquées. Les activités militantes se diversifient : conseils locaux, aide médicale aux blessés, soutien aux populations déplacées (ouverture d’école, initiatives culturelles, aide psychologique) ou encore création de médias alternatifs. La résilience des syriennes et des syriens est immense. Pour exemple, des conseils locaux sont établis pour gérer l'aide humanitaire durant le long siège de Douma commencé en 2013 après les frappes chimiques. Des tunnels sont creusés pour briser partiellement le blocus et permettre l'arrivée de médicaments et de nourriture. Aujourd’hui les défis de la reconstruction sont immenses. Le gouvernement provisoire fait face à un pays dévasté par 14 ans de violence et 50 ans de dictature. La destruction massive des infrastructures et le niveau élevé de pauvreté (90% sous le seuil de pauvreté) compliquent les efforts de reconstruction. La question de la justice transitionnelle doit être intégrée dans toute discussion sur la reconstruction du pays en vue d'établir les responsabilités de chacun, et de permettre de faire face, un jour, à un tel héritage. Plus d'informations : http://www.bulac.fr/node/3507