Le semeur et le désespéré (Luc 8:4-13 ; Luc 1:26-38)

- - Vidéo https://oratoiredulouvre.fr - - - prédication du pasteur Marc Pernot (début de la prédication à 09:02) Deux personnages sont évoqués dans cette parabole. Il y a le sympathique semeur « qui sort pour semer » Et il y a l’homme figuré par le terrain. Avant d’ouvrir une espérance pour cet homme, l’évocation qu’en fait Jésus est celle d’un homme désespéré. Un homme piétiné par les sans-vergogne, par ceux qui passent en «écrasant son visage en marchant dessus avec leurs grosses chaussures, piétinant sa dignité, envahissant son espace, méprisant son point de vue, sa créativité, ses besoins et ses rêves. Le terrain, c’est aussi l’homme étouffé par mil catastrophes, angoisses et préoccupations. Le terrain, c’est encore l’homme qui trouve dans sa vie comme un désert de pierres où rien ne pousse. Mais le terrain n’est pas qu’un homme désespéré, c’est aussi la personne géniale que nous pourrions être et celui que nous sommes souvent, en réalité (même si notre modestie proverbiale nous empêche de le reconnaitre et encore plus de le dire). Nous sommes ce terrain qui projette à son tour une multitude de bons grains. Oui, Dieu est souvent fier de nous. La question, du point de vue du semeur, c’est comment vais-je pouvoir faire pour aider ce désespéré ? C’est si difficile d’aider quelqu’un. La question, du point de vue du désespéré, c’est comment vivre enfin. Est-ce que la vie, est-ce que ce monde, est-ce que ma vie n’a pas mieux à m’offrir ? Peut-elle rayonner, porter du fruit ? Est-ce enfin possible, est-ce encore possible ? Oui, répond Jésus au monde et à chacun. Tu peux porter des épis qui donneront chacun 30, 60 et même 100 bons grains, ce qui tient du prodige. C’est le propre de la transcendance de faire ce qui nous semblait impossible. Parfois même, c’est du cœur de ce désespoir que peut se vivre une résurrection. Quelle que soit la manière dont on est en droit de comprendre ce que l’on entend par résurrection du Christ, une chose est certaine c’est que les disciples de Jésus sont passés du plus grand désespoir à un enthousiasme extraordinairement fécond. Cela ne justifie pas les mauvaises choses qui nous arrivent, mais tant qu’à faire elles peuvent devenir le terreau pour de belles grandes choses. Cela dit, rien ne nous oblige à avoir subi des catastrophes pour commencer à comprendre la vie et à vivre intensément. L’Évangile n’est pas que Pâques, c’est aussi Noël, l’annonce qu’une grâce inattendue peut venir combler une vie déjà belle. Et recevoir ainsi grâce sur grâces. Quelle que soit notre situation du moment, qu’elle soit comblée ou meurtrie, le terrain de cette parabole de Jésus nous invite à prendre en compte les bons grains qui nous sont lancés, et à chercher qu’en faire ? Et avec cette parabole nous pouvons aussi chercher comment aider ceux que nous pourrions avoir à cœur d’aider. Comment d’abord sortir de notre bulle comme le semeur sort pour semer. Chercher aussi quelle semence de réconfort nous pourrions lancer pour faire avancer la vie ? Quelles sont ces mystérieuses graines ? ... suite du texte et podcasts sur https://oratoiredulouvre.fr