Nijinsky - Fondation Louis Vuitton - Paris

Projection of the film "The Russian Ballet of Nijinsky" directed by Christian Comte for the exhibition Chtchoukin - Fondation Louis Vuitton Musique Niccolo Paganini - Caprice 24 _______________________________________________________________ Les Ballets Russes de Nijinsky En 1912 Vaslav Nijinsky est au sommet de son art. Danseur étoile des ballets russes, il réalise sa première chorégraphie l’Après-Midi d’un Faune d’après l’œuvre de Claude Debussy, lui-même inspiré du poême de Mallarmé. Ce ballet a marqué l’histoire de l’art et l’on connait les influences qu’il a eues et qu’il a encore sur la danse moderne et contemporaine comme nous le verrons ce soir . Le public et la critique, qui attendaient un Nijinsky bondissant sont désorientés par cette suite d’immobilités suggestives. Après la première au théâtre du Chatelet le 29 mai 1912, une violente polémique s’engage dans le Tout-Paris. Nijinsky, lui, est obsédé par l’idée de laisser une trace de son travail. Diaghilev, directeur des ballets russes, refuse catégoriquement que Nijinsky soit filmé. Nijinsky a conscience que le système de notation de la danse à cette époque est insuffisant( Il créera même un nouveau système de notation que nous ne savons pas déchiffrer, hélas) . Mais surtout il se rapproche du photographe Adolf De Meyer. Ils tâchent ensemble de synthétiser la totalité du ballet en un petit nombre de photographies (32 au total et peut-être quelques autres lors d’une autre séance) Après de nombreuses études en volume, le sculpteur Christian Comte par un patient séquençage de ces photographies au rythme de la musique est parvenu à reconstituer les grandes lignes du film perdu de Nijinsky que les collectionneurs recherchent à travers le monde depuis 100 ans( car une légende a couru que Charlie Chaplin l’aurait filmé lors de leur rencontre en 1916. ) Nijinsky a utilisé le même procédé photographique pour tous les ballets qu’il a interprétés, c'est-à-dire qu’il a décomposé son mouvement en plusieurs clichés pour donner une idée de son geste idéal. Voilà pourquoi Christian Comte a pu reconstituer quelques pas de Nijinsky dans 12 ballets. N’avait-il pas écrit dans son Journal avant de sombrer dans la folie cette phrase sibylline : « Je suis Nijinsky, celui qui meurt s'il n'est pas aimé, c’est par pitié de Dieu que j'ai pitié de moi même, et je suis l'élu de celui qui dans la mort même, me pourvoira de vie ». Quand il parle de lui ,il parle de sa danse et cette danse,comme l’avait prédit son esprit prophétique , est ressuscitée devant vous ce soir sur la musique d’un autre grand artiste maudit Niccolo Paganini