Port-Vendres Août 44 : Le jour où les nazis ont détruit le port

En Novembre 1942. L'armée Allemande franchit la ligne de démarcation. Une opération dénommée ATILA. Le 12, Port-Vendres tombe aux mains de l'occupant sous le gouvernement de Vichy. Ce havre naturel, unique port en eau profonde du Roussillon, devient rapidement un maillon essentiel du dispositif défensif nazi en Méditerranée. Sous l'égide de la Kriegsmarine, le paysage se transforme. Des fortifications surgissent sur les falaises, des batteries d'artillerie dominent la baie, des champs de mines sous-marines protègent les abords du Cap Béar. Des filets sont installés à la passe afin d'empêcher les sous marins d'entrer Port-Vendres n'est plus qu'une base militaire où cohabitent difficilement quelques d'habitants et les troupes d'occupation. L'été 1944 change la donne. Le débarquement allié en Provence réussit, Port-Vendres, soudain, n'est plus qu'une position à sacrifier. Début août, les habitants reçoivent l'ordre d'évacuer. À l'aube du 19, une rumeur se propage : l'ennemi va détruire le port avant son départ. Les habitants se réfugient alors dans les collines environnantes. Les explosions se succèdent tout au long de la journée. D'abord les fortifications périphériques - Béar, la Mirande, Mailly, la Mauresque. Puis vers 14 heures, alors que la ville semble vidée de toute présence ennemie, les quais commencent à exploser sous la puissance des charges. Par miracle, le système d'allumage synchronisé des explosifs échoue. Sans cela, la ville entière aurait pu disparaître. Les artificiers allemands sont contraints de déclencher les charges une à une. Avec ces charges d'une cinquantaine de kilos, les cuves à mazout derrière l'horloge explosent. Un gigantesque écran de fumée noire s'élève dans le ciel, couverture idéale pour accélérer la retraite allemande. Les destructions s'enchaînent : quais de la douane avec le pont transbordeur, quai Castellane avec la gare maritime entièrement pulvérisée, quais Forgas, de l'obélisque, de l'artillerie, du fanal, de la presqu'île - tout est anéanti. Port-Vendres 19 Août 1944 - Cicatrices de Guerre Diverses embarcations sont coulées, tandis que d'énormes cratères marquent les quais et les zones d'explosions. Les gerbes d'eau projetées par les déflagrations sous-marines atteignent le toit de l'hôtel du commerce, inondant celui-ci, pourtant situés à plus de 12 mètres de hauteur. Ces ravages sont l'œuvre de charges méticuleusement enfouies à 10 mètres de profondeur par les artificiers allemands. Des milliers de débris de toutes sortes, notamment les pavés d'une vingtaine de kilos, sont catapultés à plusieurs dizaines de mètres, perforant tout sur leur passage. Soixante-dix pour cent de la ville est sinistrée, toutes les infrastructures portuaires anéanties. La place de l'obélisque et toutes les voies disparaissent sous des monticules de gravats, rendant toute circulation impossible. À 17 heures, le silence retombe sur un paysage méconnaissable. Port-Vendres n'est plus que ruines fumantes. Partout, les dégâts sont considérables. Ce 19 Aout 1944 il semblerait, qu’il n’y ait eu, ce jour là, malgré les dégâts colossaux aucune victime connue. Les cicatrices de la guerre et de ses destructions mettront des décennies à s'effacer. La reconstruction sera longue et difficile. Mais ceci sera une autre histoire…. ------------------------------- 66660 - PORT-VENDRES ------------------------------- Photos d'archives (1942-1944) - (attribution probable) : Sanchez - Port-Vendres L'INDEPENDANT / https://www.lindependant.fr ------------------------------- Recherches, voix off, colorisations, montage vidéo : Fabre Anne-Marie et Jean. La colorisation manuelle (vue d'artiste) de ces archives photographiques, peut toucher un public plus contemporain et s'inscrit dans une démarche personnelle de transmission et de mémoire, sans prétention historique. Chaque image comporte aussi sa version originale. Histoire oubliée #HistoireLocale #SecondeGuerreMondiale #Occupation #PortVendres #Pyrénées #Résistance #PatrimoineFrançais