Comment C'était D'Accoucher À Versailles En 1700

Comment C'était D'Accoucher À Versailles En 1700 La chambre est pleine. Pas de quelques proches. Pas de la famille proche. Pleine — des dizaines de corps serrés les uns contre les autres, debout sur des tabourets pour mieux voir, habillés de leurs plus beaux atours, suant sous les perruques dans une chaleur d'étuve. Au centre de tout ça, une femme allongée sur un lit. Elle souffre. Elle transpire. Et autour d'elle, personne ne peut partir. Parce qu'à Versailles, la naissance d'un héritier n'appartient pas à sa mère. Elle appartient à la France. Les témoins ne sont pas là par affection — ils sont là par obligation légale. Pour certifier de leurs propres yeux que l'enfant est bien celui du roi. Et quand la chambre devient trop petite pour tout le monde, on fait entrer les suivants par les fenêtres. Lors d'un accouchement à la fin du siècle, la salle sera tellement bondée que l'air deviendra irrespirable. La femme sur ce lit perdra connaissance — non pas à cause de la douleur, non pas à cause de l'épuisement. À cause de la foule venue la regarder accoucher. Ce que vous allez découvrir ce soir, c'est ce que la grandeur de Versailles faisait réellement au corps des femmes qui y vivaient.