SI LOME M'ETAIT CONTE

On sait le poids des capitales d'État dans l'armature urbaine de l'Afrique noire. A quelques exceptions près (Ouadagougou, Lagos, Kampala...), il s'agit de créations plus ou moins ex nihilo des autorités coloniales ou post-coloniales, et elles restent de nos jours caractérisées par la vigoureuse emprise de l'État sur l'espace urbain. A Lomé, au contraire, la ville à la fois espace foncier et paysage architectural est avant tout l'œuvre de la « société civile » africaine (on ne dira pas « indigène », car elle n'y est pas née). Cette histoire singulière est liée aux circonstances fort originales de sa naissance, qu'il faut connaître pour comprendre l'évolution ultérieure de la cité. Elle éclaire aussi directement la naissance du Togo en tant que sujet de droit international, en cette période indécise des années 1880-1885, qui précède le vrai scramble colonial : opinions publiques et européens sont encore très réticents devant toute expansion dans ces territoires lointains, mal connus, réputés malsains. Pour reconstituer cette histoire, il faut surtout faire appel aux sources anglaises, car c'est à Accra et à Londres que furent prises (ou refusées) les décisions qui enclenchèrent le processus. Mais ces décisions ne s'appliquaient pas à un territoire vide et inerte, ni homogène, bien au contraire. Il faut donc commencer par situer le décor et les acteurs. Lome devient donc en quelques sort le point focal d'un commerce triangulaire. Lomé deviens alors une ville en pleine expansion : on lui attribue 1 500 habitants en 1891, 2 000 en 1896. L'urbanisation se fait rue après rue à partir de l'océan. A partir de ce documentaire nous essayons de retracer l'histoire de la ville de Lomé en image. Documentaire réalisé par AIME ESSE