L'amour des oiseaux moches (intégrale)

« L'amour des oiseaux moches » Partition graphique vidéo et texte de Symon Henry Captation du spectacle présenté le 8 octobre 2022 à Méduse (Québec), lors du premier Forum de REPAIRE (Regroupement de pairs des arts indépendants de recherche et d’expérimentation) Interprètes : EMIQ Ensemble de musique improvisée de Québec, dirigé par Rémy Bélanger de Beauport : Léonard Azzaria (électroniques) Robert Bastien (guitare électrique) Isabelle CLermont (harpe électrique) Marie-Loup Cottinet (violoncelle) Émile Couture (cuve) Émilie Fortin (trompette) Thomas Gauthier-Lang (sax) Marc-Antoine Gekas (trompette) Jonathan Huard (vibraphone) Jordan Jack (rouet cordé) Pascal Landry (guitare) Mathieu Lef Bouchard (piano électronique) Mathieu P. Lapierre (main) Francois Paquet (guitare) Alix P.V (flûte à bec, sifflet) Vincent Thériault (guitare électrique) Benjamin Tremblay Carpentier (multi) Une commande de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+) « L'amour des oiseaux moches » est publié aux éditions Noroît (collection Omri) Note de programme « Il y a des mémoires pour creuser les mots sans souiller les tombes. Je ne peux tutoyer personne. Il n’y a pas d’altérité, seulement une alternance dans l’apparence. J’ai besoin de souplesse et de tension. Il ne faut pas qu’Albuquerque explose dans ma tête. » Nicole Brossard, Le Désert mauve Je dessine le son. Pour qu’il puisse être interprété par des musicien·nes en concert, mais aussi pour qu’il puisse être entendu par tout un chacun, dans l’intimité de son écoute intérieure. En effet, je ne compose qu’avec des fusains, de l’encre ou des pastels en main, quelques règles simples en tête : un trait foncé correspond à un son fort, pâle à un son plus doux ; en haut de page il est aigu, plus bas il est grave ; chaque couleur correspond à un instrument ou groupe d’instrument, etc. L’amour des oiseaux moches correspond à l’aboutissement d’une décennie de démarche de ce type. Jusqu’à ce jour, je n’avais encore jamais mis en partition graphique mes propres textes. Or les démarches qu’on dit « individuelles » sont toujours, à mes yeux, le produit d’une communauté et c’est donc sous l’impulsion de Véronique Lacroix, directrice musicale, artistique et chef d’orchestre de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+), et avec le support immense et bienveillant de mes proches, que j’ai trouvé le courage d’assumer l’étendue des possibles de ma propre transdisciplinarité. Et par le fait même de ma propre identité — métisse égypto-québécoise, queer, amoureuse du bruit du monde : nous sommes khawal — tapettes freaks guédailles importé·es ibn·bint il-labwa — fils·filles de lionnes nous glorifions les fauves en nos tripes visibles nous rayonnons Personnages : Vieux clown, corps-mémoire Nour d’Outre-rêve, corps-aspiration Louve que j’aime, corps-continent Djinn l’éphémère, corps-emportement Mot-personnage : Mâ’lesh « Mâ’lesh est un égyptianisme […]. On peut traduire l’expression par “ce n’est pas grave !”, “ça ne fait rien !” […] Une personne bute sur une pierre ou dans un trou du trottoir, quelqu’un vient la soutenir en lui disant mâ’lesh : entraide, solidarité humaine sans médiation autre que la marque d’une sympathie, exactement d’une empathie, directe ; mâ’lesh permet à l’autre... qui passe… de se mettre à la portée de celui qui est en difficulté. Un enfant tombe, se fait réellement mal, un mâ'leshi infantilisé vient reconnaître la souffrance et la soulager, la porter avec l’enfant. » – Irène Fenoglio