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Édith Dijoux est l’une des « Enfants de la Creuse », elle témoigne en ce jour important 👉 La loi de réparation des "Enfants de la Creuse" sera votée au Sénat : "Reconnaître enfin tout ce qui s'est passé" LINFO.RE – créé le 16.06.2026 à 14h10 - Eva Francoise Une nouvelle étape se joue au Sénat aujourd’hui pour réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France Hexagonale de 1962 à 1984. Cette proposition de loi, portée par la députée réunionnaise Karine Lebon, a été adoptée à l’Assemblée nationale le 28 janvier 2026. Édith Dijoux est l’une des « Enfants de la Creuse ». Arrachée à La Réunion à l’âge de 3 ans, elle livre un témoignage poignant sur son parcours de vie et son combat pour la reconnaissance des traumatismes qu’elle a subis. "J'ai l'impression qu'on m'a volé ma vie." Édith a 3 ans lorsqu'elle est envoyée en Creuse avec sa mère, alors encore mineure. À l'époque, un avenir meilleur leur est promis. Jusqu'au jour où sa mère découvre, à la sortie de l'école, que sa fille lui a été retirée. "Quand maman est arrivée le soir, je n'étais plus là. Elle ne savait pas où j'étais. Pour elle, c'était très dur d'avoir une autorisation pour venir me voir. Elle m'a toujours dit que c'était le parcours du combattant. C'était ça jusqu'à mes 12 ans." Édith a 12 ans lorsqu'elle peut enfin retrouver sa mère. À 63 ans, les traumatismes de cette période sont toujours présents. "La famille d'accueil, je n'avais pas le droit de pleurer. J'ai été martyrisée pendant presque 10 ans. Il y a beaucoup de choses que maman ne sait toujours pas. J'avais jamais pu en parler à personne, de tout ce qui s'est passé dans mon enfance." Revenue sur son île natale il y a seize ans, la mère de quatre enfants espère obtenir une reconnaissance à travers la proposition de loi de réparation en faveur des « Enfants de la Creuse », déplacés de force de La Réunion il y a plus de soixante ans. "Reconnaître enfin tout ce qui s'est passé, tous ces enfants qui ont été déportés, tout ce qu'ils ont subi. S'il y a un dédommagement, je vais vivre. Je vais essayer de faire ce que je n'ai pas pu faire, même si ça ne va pas nous redonner tout ce qu'on a perdu. C'est une réparation et il y en a besoin de cette réparation." La proposition de loi portée par la députée réunionnaise Karine Lebon est examinée ce 16 juin au Sénat. Une étape décisive pour les 2 015 enfants recensés, arrachés à leur famille et transférés vers l'Hexagone.