Ben Giraud - J'enterre Rien

J'enterre rien Et pourtant j'y suis encore. Après les deux versions de Surface, voici le titre qui clôture tout ça. Paroles, composition : Ben Giraud — J'ai quelque chose dans ma tête qui tourne en boucle indéfiniment Qui rejoue les mêmes scènes les mêmes erreurs les mêmes tourments J'me lève le matin et c'est là comme un poids installé tranquillement Qui appuie sur ma poitrine qui m'empêche de respirer normalement J'souris aux gens qui me demandent comment ça va évidemment J'dis que ça va que c'est rien que c'est juste la fatigue simplement Mais y'a un truc qui est mort en moi depuis longtemps silencieusement Et j'arrive pas à enterrer ce qui refuse de partir complètement J'tue les syllabes une par une je les enterre méthodiquement J'reconstruis sur des ruines que j'appelle fondations fièrement J'ai pris le vide pour de la paix, l'absence pour du détachement J'me suis menti si longtemps que j'y crois maintenant parfaitement C'est drôle comme on peut porter quelque chose d'aussi lourd quotidiennement C'est drôle comme on peut se noyer debout en plein milieu d'une pièce J'ai brûlé toutes mes lettres gardé les cendres soigneusement Mis le feu à qui j'étais regardé brûler calmement J'enterre rien Ça pourrit juste en moi J'enterre rien Ça reste là Sous la peau Je suis mon propre corbillard Je transporte ce que j'étais J'avance dans le noir Avec un mort sur le dos J'ai pas besoin d'une pierre J'ai pas besoin d'un nom J'suis le fossoyeur et le cercueil J'suis la cérémonie et personne Y'a quelque chose qui vit dans ma tête et qui refuse de partir Qui s'installe la nuit qui s'étend qui prend toute la place sans prévenir Qui transforme les matins en tunnels sans savoir quand ça va finir Qui me dit que c'est normal que tout le monde se bat pour survivre J'me bats contre des ombres que j'ai moi-même construites J'me noie dans des profondeurs que j'ai moi-même creusées vite J'me perds dans des labyrinthes dont j'ai posé les briques J'suis le geôlier et le prisonnier de ma propre logique J'ai tout misé sur quelqu'un que j'ai fini par laisser mourir Une version de moi d'avant que j'arrive plus à faire revenir J'pensais qu'on pouvait choisir ce qu'on garde ou ce qu'on laisse partir Mais y'a des trucs qui meurent en toi sans te demander la permission d'agir C'est fou comme on s'habitue à fonctionner à moitié sérieusement C'est fou comme l'absence de joie finit par ressembler à de la normalité J'voulais faire le deuil dans les règles de l'art proprement Sauf qu'on fait pas le deuil de soi-même ça marche autrement J'enterre rien Ça pourrit juste en moi J'enterre rien Ça reste là Sous la peau Je suis mon propre corbillard Je transporte ce que j'étais J'avance dans le noir Avec un mort sur le dos J'ai pas besoin d'une pierre J'ai pas besoin d'un nom J'suis le fossoyeur et le cercueil J'suis la cérémonie et personne Y'a des gens qui meurent et ça se voit Des cercueils Des fleurs Des gens qui pleurent Moi c'est passé un mardi Entre deux cafés Personne a rien vu Même pas moi Et pourtant j'étais là J'y suis encore Je suis mon propre corbillard Je transporte ce que j'étais J'avance dans le noir Avec un mort sur le dos J'ai pas besoin d'une pierre J'ai pas besoin d'un nom J'suis le fossoyeur et le cercueil J'suis la cérémonie et personne Personne... Personne... Et pourtant j'y suis encore