Que pouvons nous pardonner dans une relation amoureuse ?

En tant que psychologue, l'éclairage sur le don et le pardon se différencie de celui que l'on trouve habituellement. Le don : l'individu a t-il vraiment besoin ou envie de donner à autrui, si oui est-ce un besoin inhérent à la nature humaine que de contribuer, ou au contraire, est-ce une construction de la personnalité qui amènent certains à ne pas pouvoir s'empêcher d'être altruiste tant et si bien qu'ils se sentent inutiles, voir dépressifs s'ils ne se trouvent pas assez généreux de leur point de vue? Alors peut-on parler de don gratuit, de don sans dette à ce moment là? Jusqu'où l'idéal du Moi s'honore de cette belle image, de quel endroit s'origine la motivation du don chez l'individu? Ce débat culture/nature mérite d'être interrogé. Jusqu'où sommes -nous conscients de ce que l'on souhaite obtenir en donnant, pouvons-nous assumer un don fonctionnel qui cherche satisfaction à un besoin, qui, celui-ci assouvi et contenté, nous ferait aimer notre prochain; nous disons souvent en toute naiveté un "je t'aime" au lieu de "tu as pourvu mon besoin dans l'instant". Tu me donnes - je te dis je t'aime, je te donne = je m'aime. Le pardon : il en a beaucoup été question ces dernières années. Les psychologues contemporains reprennent le discours théologique et revendiquent un mérite au pardon. Celui qui pardonne apaise ses blessures, ouvre son coeur à l'infini, ferme une page pour en rouvrir une autre, comprend voir excuse, et de nouveau, ceci est méconnu mais il valorise aussi son blason, celui qui pardonne retrouve une posture noble et quitte la posture de victime, d'offensé. Alors faut-il pardonner, et de nouveau de quel endroit de moi j'autorise le pardon, est-il sain de pardonner systématiquement à une famille dysfonctionnelle par exemple? Si oui quand et à quel moment est-ce judicieux? Si je pardonne c'est déjà que je crois à la notion de responsabilité, au libre arbitre de l'offenseur, je prétends qu'il avait le choix, pourquoi confions-nous aux êtres humains plus de pouvoir qu'au vent qui fait tomber une tuile du toit et viendrait vous assommer ?. Imaginez-vous pardonner à la tuile, au vent? Toutes ces questions sont inhérentes au concept même du pardon, je permets d'interroger ces deux notions du don et du pardon imprégnées de l'héritage judéo-chrétien, en quoi ces représentations sont aidantes, moralisatrices, ou pure fiction inventées par les hommes pour se fabriquer une image vertueuse? Qui ne préfère pas la lumière à l'ombre, mais est-ce que la place de l'ombre ici : "ni pardonner, ni donner " ne serait-il pas à réhabiliter autant que l'intention de donner et de pardonner? Lien vers l'article : https://veroniquekohn.com/mc-events/c...