Serge Clerc - le retour annoncé d’un génie - L'interview

C’est un beau document que ce film, réalisé chez lui, où Serge Clerc se confie comme jamais. Il raconte sa carrière, ses rencontres : Jean-Pierre Dionnet, Philippe Manœuvre, Yves Chaland, détaille l’évolution de son style, ses influences. Il évoque aussi ses terribles passages à vide et ses projets dont une exposition à la rentrée à la Galerie Barbier à Paris. Rencontre avec un génie sensible et touchant. Il est une des figures encore vibrantes de la bande dessinée des années 1980, une des stars de Métal Hurlant publié aussi bien en France qu’en Angleterre et au Japon. Son style est reconnaissable entre tous, peuplés de paumés du petit matin et de pin-up pulpeuses. Son dessin, une Ligne claire revisitée à la mode New Wave, a subjugué les lecteurs de Métal Hurlant dans les années 1980. Il est un moment de notre pop culture ! Serge Clerc, né en 1957 à Roanne, avait été recruté par Jean-Pierre Dionnet alors même qu’il n’avait pas encre le Bac. « Votre fils est un génie ! » avait-il écrit à sa mère. De fait, il se fait une place de choix dans la presse Rock du monde entier de Rock & Folk à New Musical Express à Londres. Il illustre la pochette de Blondie, de Carmel, des Starshooters, des Stranglers même, et s’impose dans une veine de SF ou de rétro-polar avec ses personnages cultes Phil Perfect et Sam Bronx. Avec Yves Chaland, il partage un graphisme élégant, aux typographies distinguées et un univers teinté d’ironie, d’ambiances jazzy, de clins d’oeil au roman noir et à la mode, au design et à la musique des Fifties et des Sixties. C’est un pionnier de la bande dessinée « branchée », fusionnant l’imaginaire vintage avec la modernité graphique. On sera contents de le revoir à la fin de cette année où il prépare pour la Galerie Champaka à Bruxelles une exposition où il offrira son monde : « Back to the Eighties », du 3 au 27 septembre 2025, suivie d'une autre à la Galerie Barbier à Paris. D’ici là, venez à sa rencontre dans cette vidéo !