Antonietta, une femme extraordinaire au secours des enfants du Benin

Clémentine avait 12 ans. Elle s'était enfuie de chez sa tante qui l'exploitait et la battait. On l'avait confiée à l'équipe d'Antonietta. Sa première attention pour Clémentine va être de s'intéresser à ses blessures. Elle a été ligoté, la pratique paraît-t-il est courante avec les Vidomégons. Antonietta espérait alors que la petite fille retrouverait une vie normale chez ses parents, après des mois de maltraitance chez la tante qui la faisait travailler. Elle l'avait escortée jusqu'à son village natal à 2 heures de route de la capitale. À l'arrivée c'est le papa qui nous accueillent. Les retrouvailles entre la fillette et son père sont plutôt froides. Ici les affaires de famille se règlent devant tout le monde. En fait c'est la tante de clémentine qu'il l'avait prise comme Vidomégon. Clémentine avait dû demander pardon à ses parents pour s'être enfuie de chez sa tante. Antonieta avait donc préféré repartir avec la fillette de peur qu'elle ne redevienne une petite esclave au service de sa famille et clémentine est restée quelques mois au foyer de Cotonou mais elle est finalement rentrée chez ses parents. Depuis 8 ans, Antonietta n'a jamais perdu le contact avec sa petite protégée. Elle a eu deux enfants. Clémentine a aujourd'hui 20 ans, elle vit toujours sur les bords de la lagune. Clémentine ne tient pas à parler d'elle devant tout le village, elle a honte de son passé d'enfant maltraitée. Elle préfère aller chez ses parents à l'abri des regards de l'autre côté de la lagune. Ils vivent toujours ici dans une maison sur pilotis, sans eau courante ni électricité, avec moins de 2 euros par jour. Les blessures de Clémentine ne sont pas tout à fait refermées, mais grâce à Sœur Antonietta, et malgré la misère, la jeune fille a retrouvé ses parents et fonder une famille. La religieuse, elle, poursuit son combat auprès d'autres parents qui veulent mettre leur enfant au travail.