Les noms de famille en picard : une conférence de Jean-Marie Braillon

Cette conférence a été donnée le 3 novembre 2014 aux Archives municipales et communautaires d'Amiens métropole dans le cadre d'un partenariat avec l'Agence régionale de la langue picarde. Ces sur-noms, devrait-on dire comme en anglais, se sont ajoutés aux noms de baptême, afin de différencier les individus portant le même nom. Le phénomène s’est généralisé au XIIe siècle. Louis XI a interdit à la fin du XVe siècle qu’on change de nom de famille, et l’Edit de Villers-Cotterêts les a définitivement fixés par la création d’un état-civil. Néanmoins, leur graphie n’a guère été fixée qu’au XIXe siècle. Les patronymes sont beaucoup plus nombreux que les matronymes. Les patronymes picards sont issus de la langue picarde et c’est en ça qu’ils se différencient des patronymes des autres régions et de ceux qui sont dits français. Un Carlier correspond au nom « français » Charlier, Willame à Guillaume, Coulon à Pigeon, Marécat ou Marescaux à Maréchal, etc. Les patronymes issus des noms de métier sont les plus nombreux et parfois abscons pour qui n’est pas picard. Toutes les sources de production de patronymes seront examinées, outre les noms de métier, les noms provenant des animaux, des plantes, des défauts et qualités physiques, les prénoms, etc. Jean-Marie Braillon a de multiples activités liées à l’étude et à la connaissance de la langue picarde.Il est président de l’Université picarde libre de Thiérache et professeur de picard au Collège du Nouvion-en-Thiérache dans l’Aisne, auteur du Dictionnaire général français — picard qui connaît à ce jour plus de 225 000 entrées, enquêteur linguistique dans le but de réaliser des glossaires de village, auteur de contes et traducteur. Il est aussi à l’origine d’un journal satirique virtuel gratuit, « Urchon pico ».