L. KRASZNAHORKAI • LA VENUE D'ISAÏE • Livre audio #livreaudio #lapnjd #prixnobel #Krasznahorkai

Lecture de La venue d'Isaïe de László Krasznahorkai, Prix Nobel de Littérature 2025. Traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly aux éditions Cambourakis. Lecture, production et adaptation sonore de l'Atelier Oncléo. 00:00:09 - 00:01:56 Intervention de l'Atelier dans la radio de la voiture 00:02:03 : Crédits 00:02:34 : Début de la lecture de La Venue d'Isaïe 00:59:19 : Générique de fin, retour dans la voiture avec la radio Oncléo « Lune, vallée, rosée, mort. » dit Korim. Et, Isaïe : « seul un reste sera sauvé ». Eh bien, croyez-le, Korim, c’est ce reste : ce qui reste. Un petit archiviste bourré, presque débile, qui s’est cru seigneur, voire prophète ? Oui. Eh quoi ! Ça devrait le disqualifier ? Jamais de la vie. Qui sait si Korim n’est pas le seul à avoir répondu à l’appel, le seul à avoir entendu l’ordre que tout le monde a déjà reçu : « Va, bois, prends ta voiture, tourne trois jours, bois beaucoup, et arrête-toi au premier café. Là, tu diras ce que tu as à dire. Qu’importe qu’on t’écoute, puisque tu dois le dire. » Rappelez-vous, pour être un signe et un présage, Isaïe a dû marcher nu et déchaussé pendant trois ans ! Korim, trois jours de divagations éthyliques. Et nous, comment nous sauverons-nous ? Alors, Korim, prophète, peut-être, peut-être, mais en un tout autre sens que ce vous croyez… En tout cas, ce qui reste, c’est l’ombre. Ombre et poésie, dit Korim en élevant à nouveau la voix ! Une ombre dans un gouffre de lumière blanche. Krasznahorkai n’est pas un maître du pathos du monde perdu (même s’il l’est aussi). Ça n’est que l’aspect le plus visible de son piège. D’où, le prix Nobel – qu’il a accueilli par la plus malicieuse des formules : « c’est plus qu’une catastrophe ». C’est qu’il fallait bien légender… et flatter les corbeaux perchés de Stockholm pour leur reprendre le million bien mérité – et, bien sûr aussi, nourrir les souris de la critique, leurs signes à elles, leurs pages imprimées, leurs blogs, leur gagne-pain, le sien, bref ! En vérité, Krasznahorkai est un fantastique fabulateur de l’ombre. Ce monde n’est peut-être qu’un plafond recouvert de néons. N’empêche, l’ombre existe quand même. Krasznahorkai la fait sentir. Un reste, c’est tout sauf rien. Ce n’est même pas qu’il lui ménage une place. L’ombre n’a pas de place. Elle est à droite, à gauche, entre les néons du plafond, dans les yeux de Korim, au milieu des cendres, dans le box à côté des toilettes. Partout, elle tourbillonne – lisez-le, mettez-le donc dans votre bouche et vous sentirez : ce ne sont plus des phrases, ce sont des tourbillons. Des tunnels (parfois bouchés, forcément ça s’entrechoque et ça s’empile). Des cataractes. C’est de la physique élémentaire. Ça donne des frissons. Car l’ombre est convexe. C’est elle qui fait fuir le centre ! Elle n’empêche pas de voir. Au contraire ! Elle veut abolir le cadre. Alors, Korim, prophète, peut-être, peut-être, mais en un tout autre sens que ce vous croyez… Livre audio complet.