IL ETAIT UNE FOIS VEYNES

Veynes (Vèina en occitan vivaro-alpin), est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Veynois. La ville de Veynes, est située sur la moyenne vallée du Petit Buëch, qui sépare le Dévoluy ,des massifs de Céüze, Aujour et Saint-Genis, qui le prolongent au sud. Cette vallée forme un passage d'orientation, nord-est - sud-ouest, entre le bassin de Gap, et la vallée du Buëch, et au-delà la vallée du Rhône, par le col de Cabre ou la vallée de l'Eygues. La vallée, en pente légère (1 % en moyenne, de la Roche-des-Arnauds, au confluent des deux Buëch), est propice aux cultures, mais menacée par les crues du Petit Buëch, et de ses affluents (la Béoux, le Drouzet, la Glaisette), tous de régime torrentiel. La ville s'est installée sur la rive droite du Petit Buëch, le long de la Glaisette, à l'abri de la montagne des Eygaux, qui la protège des vents d'ouest. Veinas en occitan, Ce toponyme semble signifier la « colline inaccessible ». Peut-être à cause de quelques roches ou éboulis assez significatifs qui ont maintenant disparus ont-ils imposé ce toponyme. De par sa situation géographique, Veynes a toujours été un lieu de passage. À l'époque romaine, Davianum était une étape sur la voie romaine qui, se séparant à Vapincum (Gap) de la grande voie domitienne, se scindait elle-même peu à l'ouest, pour joindre d'une part Die et Valence et d'autre part Vaison et Orange. Un « voie romaine » est toujours visible au-dessus de l'entrée est de Veynes. Elle occupe probablement le tracé de la voie qu'emprunta Jules César, se rendant en Gaule. Veynes est terre allodiale, dépendant directement du Dauphin qui cède au gré de ses caprices et de ses dettes la seigneurie majeure de Veynes à ses créanciers, dont la famille de Poitiers. Le 17 novembre 1296, les Veynois, en proie aux exigences de leurs coseigneurs, obtiennent des coseigneurs une charte communale qui fixe leurs droits et obligations : libre accès à l'eau, gratuité des ventes de grain en sont deux acquis majeurs de la Charte. Mais les Veynois n'exigent pas de libertés communales. Un autre conflit oppose la communauté aux chartreux de Durbon, qui contestent la propriété de biens communaux (la montagne de Tombarel, en 1322). Mais elle n'eut satisfaction qu'à la disparition de la chartreuse à la Révolution, soit quatre siècles et demi plus tard. Au XIVe siècle, une communauté de Lombards se fixe dans le bourg et y ouvre un atelier de frappe des monnaies delphinales. Une communauté de juifs s'y installe également. La bibliothèque municipale de Grenoble possède un manuscrit de 1345, contrat de fiançailles de Hanour et Rose de Veynes, un des très rares contrats de ce genre en Europe. La peste de 1345 provoque un mouvement de haine et la communauté juive est exterminée à Serres. Au XVe siècle, les guerres d'Italie amènent des passages de troupes ruineux pour la population. Au XVIe siècle, le paysage urbain est modifié en profondeur. Les deux bourgs séparés par Gleizette, le Bourg Neuf à l'Est et La Villette (fortifiée) à l'Ouest, se rejoignent. Une rue est ouverte sous le rempart : la rue Sous le Barry. C'est aujourd'hui la rue Jean-Jaurès, axe principal de circulation dans la vieille ville. Des travaux, en 2010, ont permis de retrouver la vieille calade de cette rue. La bourgeoisie veynoise y édifie d'élégantes maisons, dont l'Hôtel du Lion d'or, ornés de stucs. Sous le régime de Charles IX, les guerres de religion ont leur écho à Veynes : le culte protestant a été autorisé dans la cité le 22 février 1572, quelques mois avant le massacre de la Saint-Barthélemy, dans le château de La Villette. Bourgeoisie et noblesse rejoignent le camp réformé et de nombreuses escarmouches militaires se déroulèrent dans le bourg. L'arrivée du chemin de fer en 1875, grâce à l'ingénieur Adrien Ruelle, donne un nouvel essor à la ville. La « ligne de Lyon-Perrache à Marseille-Saint-Charles (via Grenoble) » du PLM y fait un rebroussement, ce qui amène la compagnie à y établir un important dépôt de locomotives. La construction d'une ligne Livron - Aspres-sur-Buëch en provenance de Valence, et le prolongement de ces lignes vers Gap puis Briançon, constituant ce qu'on appela l'« Étoile de Veynes », font de la gare de Veynes le point central du trafic ferroviaire des Alpes du sud. Une fraction importante de la population vit alors de l'activité ferroviaire Mes sources : Christine Roux, Histoire de Veynes ; L'Étoile de Veynes, éditions ferroviaires ; Association d'Étude de l'Énergie solaire, archives dép. des Hautes-Alpes.