SAISON ART 2026

Saison d'Art 2026 : Bleu et Noir Surgi des profondeurs ou des transparences, le bleu traverse la Saison d’art 2026 comme un secret que les œuvres se murmurent. Bleu du cosmos, du silence et de la nuit, bleu mental plus que chromatique : la couleur incite à ralentir. Dans son dialogue avec le Domaine, la programmation explore ses nuances sensibles. À travers peintures, sculptures et dessins, les artistes esquissent un parcours où le bleu et le noir invitent à une respiration partagée. Le Château et ses galeries Marc Desgrandchamps (Galeries Hautes du Château) : Ses peintures ouvrent sur des paysages fragmentés où des troncs noirs se détachent sur des fonds bleutés, suspendus dans le temps. Le bleu y installe une atmosphère onirique, horizon mental où le visible semble sur le point de se dissoudre. Claudio Parmiggiani : Ses bibliothèques réalisées à la suie et à la fumée ne montrent que des traces : silhouettes de livres absents et rayonnages fantômes. Une réflexion poignante sur la connaissance, l’oubli et ce qui s’enfuit. Antonio Crespo Foix : Ses sculptures arachnéennes, faites de fibres et de fils, dialoguent avec la préciosité du Petit Salon. Pascal Convert (Tour de Diane) : Il installe une œuvre mystérieuse de cloches muettes qui retiennent le son et la mémoire. Ce bleu-là est au cœur : c’est celui de la nuit et du deuil, évoquant la fragilité humaine. Eugène Dodeigne (Galerie du Porc-Épic & Cour de la Ferme) : Ses dessins, fusains et sculptures évoquent une recherche obstinée du mouvement, entre force et vulnérabilité. Dans la cour, son oiseau géant de pierre impose une présence grave et archaïque. Le Fenil et la Cour Agnès Varda Astrid de la Forest (Galerie Basse du Fenil) : Entre gravure et peinture, elle déploie un univers de superpositions. À travers ses arbres et ses envols d’oiseaux, le bleu circule comme un souffle, reliant le sol au ciel dans un temps suspendu. Evi Keller (Espace mitoyen) : Elle propose une expérience immersive. Ses surfaces bleues, denses et vibrantes, témoignent des transformations du cosmos. Le bleu y devient matière et champ de forces où le regard s'hypnotise. Autour de la Cour de la Ferme Anaïs Lelièvre (Asinerie) : Ses dessins et céramiques d’une extrême précision évoquent les métamorphoses de la matière. Spirales et strates noires inventent des paysages minéraux et organiques, entre science et poésie. Janine Thüngen-Reichenbach (Grange aux Abeilles) : Ses sculptures fibreuses et stratifiées forment des cocons et des graines en devenir, intimement liés à l'écorce des arbres. Ghyslain Bertholon (Parc historique) : Il introduit un récit fantastique avec une œuvre noire intrigante : un arbre tué par une hache d'où renaissent des feuilles d'or, éveillant notre attention aux forces de la nature. Bernard Pagès (Galerie des Écuries) : Ses sculptures de bois, de métal et de ligatures se tiennent dans une verticalité fragile, ancrant la Saison dans une relation directe au sol et au geste patient. Lionel Sabatté (Auvent des Écuries) : Sa chouette veille en silence sur la Cour, répondant en écho à l'oiseau de pierre d'Eugène Dodeigne. Pensée comme une traversée, la Saison d’art 2026 est une expérience sensible, une composition en bleu et noir. Elle accompagne le visiteur dans une flânerie où chaque œuvre ouvre un espace de perception renouvelée, entre mémoire et transformation. Une invitation à habiter le lieu autrement. Chantal Colleu-Dumond Commissaire des expositions